C’est reparti pour un tour. La révolution ne se fait pas attendre, jamais. Les astres se meuvent inexorablement, emportés dans leur insondable course. Ils gravitent, imperturbables, formant une chorégraphie immense et millimétrée dont la fin de l’acte se jouera sur une scène impossible à imaginer.
Et nous, pendant ce temps, le regard chamboulé par tant de rotations sur nous-mêmes, titubant de nos errances cosmiques, le ventre gonflé de nos - plus ou moins - récents excès, le cœur gros des tragédies croisées et vécues au cours des cycles précédents, nous peinons à nous tenir d’aplomb, à trouver un ancrage ; nous balbutions nos mouvements plus que nous ne les habitons. Il va pourtant bien falloir s’y (re)mettre, dans le mouvement, accompagner la valse de l’univers en engageant nos corps et nos esprits en des révolutions fécondes, de celles qui nous recyclent et nous mettent heureusement en péril, car faites de toute notre énergie, de toute notre matière - les planètes ne font pas autrement.
Alors on y va, on rempile pour une nouvelle année. Mais avec en mémoire pour 2026 l’idée de gestes à initier, d’oppositions dynamiques des corps biologiques à instaurer face à l’inertie mécanique d’un monde qui se cloisonne, se fige sur lui-même ; réveillons nos trajectoires séculaires, plongeons dans les espaces infinis à la recherche de ce que l’on n’a pas encore été, car une révolution ne se fait pas au sein d’un plan fermé, mais bien dans toutes les dimensions, le cercle défini par l’orbite projeté en spirale dans l’immensité.
Sur le chemin, émerveillons-nous de tout ce que l’on saura deviner sans jamais le voir, refusons les itinéraires rétrignolés, les culs-de-sac artificiels en forme d’intelligence, soyons nous-mêmes le mouvement : chaque jour autre. Brûlons de mille feux, non pas pour éclairer la route, mais pour appeler à nous d’autres corps sensibles. Rapprochons-nous sincèrement de ce qui nous meut et embrasons nos vies avec. Pour faire de cette révolution un feu de joie en même temps qu’une danse.
Bonne route à vous, on se croisera dans un coin du télescope.